Le chat et les roses
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Ô chaton, deux reines-fleurs te sourient sans peur !
Se fiant à ce calme que tu feins sans cesse,
Tel un flot au couchant, reposant et trompeur,
On pense pouvoir te retenir sans laisse.

Je t'observe... et je finis par m'étonner,
En découvrant que tu sais te montrer câlin,
Tandis que, pensif, tu fronces un peu ton nez,
Sans pour autant quitter ta peau de vrai félin.

Dans tes yeux pers j'aperçois le vif reflet, l'ombre
De cette naïve douceur, qui tient du rêve,
Sans vraie lucidité, du réel clarté sombre ...
Pour avoir tant de candeur, d'où tiens-tu ta sève ?

Jouant avec les airs, très patiemment, tu jongles
De ta patte de velours blanc, puis tu esquisses
Lentement quelques tours, tandis qu'aigus, tes ongles,
Cachés sous ta fourrure, au secret, s'alanguissent.

De ton regard d'eau, d'or enflammé, tu caresses
L'élue. Candide, tu lui donnes tout ensemble :
Et sans restriction ta confiance, et ta tendresse
Sans réflexion. Conquis, d'amour déjà tu trembles ...

Enfin, toi, l'heureux possesseur de tant de charmes,
Qui n'es, par bonheur, ni étique, ni dodu,
Vrai, c'est à elle que tu vas rendre les armes ?
Las ! Plutôt te voir égaré qu'ainsi perdu !

En vérité, qu'est-ce donc qui t'attire en elle ?
Que t'apporte sa vue pour, qu'ainsi réjouie,
Ton âme émue trouve une joliesse frêle
A cette fleur altière, trop épanouie ?

Ce pourrait être une feuillantine coquine.
Vois sa sotte suffisance, ami, vois ce qu'ose,
_ Défie-toi, chat ! Non sans raison, je te taquine ! _
Cette délurée ! Tourne plutôt vers la rose

Entrouverte, en bouton, sans crainte tes espoirs.
Eveille à l'Amour pur son coeur tout doucement...
Tendre pudique qui ne connaît point le soir,
Elle saura répondre à tes voeux charmants.

Ô chaton, deux reines-fleurs te sourient sans peur !
Plane l'instant crucial du bon choix de la cible ;
Ta préférence, où court-elle à folle vapeur ?
Ah! Ciel! L'inconscient dédaigne la plus sensible ...


© Annie Quatresol Dieufrance
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