ballade pour Monsieur Forgeron
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Avec ton marteau, mords à coups sauvages,
Mords le fer gaiement, Monsieur Forgeron !
Car chaque oeuvre nous rendra témoignage
De ton art, quand bien même du charron
Ou du maréchal elle devrait naître.
L'air gonfle-t-il ton muscle jaillissant
A l'instant où tu frappes, fier, puissant,
Sur l'enclume, ce joyau de tes aîtres ?
Han ! Ran ! Ne ménage pas ton effort :
Hardi, l'ami Brise-Fer, tape fort !

Par Saint Eloi, vite, allume ta forge !
Vois qui s'approche : ton voisin maçon,
Une charge sur l'épaule, à pleine gorge
Siffle un rythme à sa marche. Eh ! garçon,
Que d'outils, pelles, pioches, pointerolles,
Il vient confier à tes soins réputés !
" -  Ton affûtage avant mes volutés ?
Sûr, si tu m'offres des profiteroles
En prime, compagnon, je suis d'accord.
- Hardi, l'ami Brise-Fer, tape fort !

Car, dans deux jours, avec tes gourmandises
Je viendrai; mais, dame, que ce soit prêt ! " ...
Réclame donc le secours de Moïse :
Le Ciel trouve au travailleur de l'attrait.
Les jours où trop de pain cache ta planche,
Parole, Il va t'aider ... Mets ton soufflet
En branle, que j'admire se gonfler
Les vingt poches de cuir, larges, étanches,
De cet accordéon muet ! Du ressort !
Hardi, l'ami Brise-Fer, tape fort !

Te voilà paré, Forgeron : la braise
Incandescente se rend à ta loi :
Tu peux battre le métal à ton aise ;
Tu tiens en lui la couleur qui se tord.
Hardi, l'ami Brise-Fer, tape fort !

© Annie Quatresol Dieufrance
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