Pégase, dans un concert d'orages Savoyards

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Nul ne bouge, comme assommé de chaleur lourde.
Seules les sources déroulent leurs courbes sourdes.
La nature, en sieste forcée, de paix se repaît.
Curieux comme tout se tait ! Ce silence est suspect...
Le soleil radieux explose en un grondement
Subit, broyé dans la fureur des éléments.
Des éclairs effrayants sillonnent de leurs griffes
L'azur sage, en traçant d'étranges hiéroglyphes.
La pierre déraisonne en guerres au canon.
L'écho multiplie les sons. Un fauve grognon
Semble répondre et rugir sur chaque montagne.
La pluie se joint en contrepoint à cette hargne,
Mêlant sa voix mélodieuse à l'orgueilleux
Chant barbare, pour s'enfler en de périlleux
Solos allant crescendo. La tempête rage.
Eclatent, venant d'Italie, d'autres orages.
Dans un concert grandiose autant que terrifiant,
Le cheval Pégase danse en nous défiant.
Les arbres secoués, malmenés, balancent et plient,
Hagards, échevelés. Serait-ce qu'ils supplient ?
Le martèlement incessant hausse le ton.
Une flèche bleutée lâche deux pelotons
Sur la vallée. L'or et le feu mêlés jaillissent,
Puis, dans un bruit d'enfer, les boules s'évanouissent.
Brusquement s'espacent les forts mugissements.
Enfin, le silence s'installe posément.
L'univers s'immobilise avant de renaître,
Carrément désarmé devant un si grand Maître...

© Annie Quatresol Dieufrance
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